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24/09/2014

Economie du partage et internet des objets !

Jeremy Rifkin, économiste, parle du coût marginal, réduit à zéro !

Jeremy Rifkin, économiste.jpg

Dépenses des ménages entre 2009 et 2013.png

Iconoclaste, mais fin observateur, JR estime, que le "gratuit" est en train de casser de nombreux secteurs économiques : musique, télévision, édition et presse. Dans le secteur industriel, l'imprimante 3D permet de fabriquer certains objets, qui ne seront plus produits et achetés...dans l'énergie, l'auto-production menace les grands groupes monopolistiques de l'électricité...le "partage" (communautés d'utilisation) risque également de nuire à la production automobile...en bref, le capitalisme de demain serait bien différent de celui d'aujourd'hui !

Dans le domaine de l'épargne, les placements financiers (actions et autres) ont connu une belle progression, bien supérieure à celle des salaires et de l'inflation. C'est évidemment en Suisse, que les patrimoines financiers sont les plus importants...

Par contre, le pouvoir d'achat des Français recule de près de 5% depuis 2009, en raison notamment de l'inflation de nombreux achats (dépenses contraintes) : logement, voiture et alimentation, en tête !

Selon Rifkin, la solution "à la morosité française" serait donc vers "le gratuit", le partage et l'auto-production...


Le patrimoine financier des ménages dépasse les 100.000 milliards d'euros
Les Echos du 23 septembre 2014
Edouard Lederer

Dans le monde, les ménages se sont nettement enrichis en 2013. Et même à un rythme galopant, à en croire la cinquième édition du « Global Wealth Report » publié par Allianz, portant sur 50 pays dans le monde. L’an dernier, le patrimoine financier des ménages a ainsi progressé de 9,9 %, ce qui correspond à la croissance la plus élevée depuis 2003. Au total, ces actifs ont atteint un nouveau record pour s’établir à 118.000 milliards d’euros.

Dans une économie encore somnolente, en particulier dans la zone euro, les particuliers peuvent remercier «  la performance exceptionnelle  » des actions au Japon, aux Etats-Unis et en Europe. Au total, sur un an, les biens détenus sous forme de titres ont progressé de 16,5 %. En dehors des Etats-Unis, où les épargnants ont bel et bien injecté de l’argent frais dans les marchés boursiers, le phénomène s’explique avant tout par la prise de valeur d’actions déjà détenues en portefeuille.

Ménages suisses bien lotis

Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que la croissance des patrimoines soit plus forte en Amérique du Nord (+ 11,7 % sur un an), loin devant le Japon (+ 6,1 %) et l’Europe «  de l’Ouest  » (+ 5,2 %). Dans le détail, les ménages suisses restent les mieux lotis, avec un patrimoine financier de 146.540 euros par tête (chiffre net après soustraction des dettes). Les Etats-Unis frôlent les 120.000 euros par tête, suivis de loin par la Belgique (78.300 euros). Le Royaume-Uni pointe en dixième position (63.490 euros). L’Italie (14e), la France (15e) et l’Allemagne (16e) jouent ensuite des coudes de 48.800 euros à 44.280 euros de patrimoine par personne.

La performance de la France n’est d’ailleurs pas excellente : six pays européens se retrouvent mieux classés qu’elle. Surtout, depuis l’an 2000, l’Hexagone a perdu six places dans le classement. On peut y voir en particulier l’effet du faible appétit des Français pour les actions.

Le pouvoir d'achat des Français a reculé de 1500 euros par an depuis 2009
Le Figaro.fr du 24 septembre 2014
INFOGRAPHIE - Selon 60 millions de consommateurs, les Français ont perdu plus de 4 % de pouvoir d'achat depuis le début de la crise. Le prix des dépenses contraintes comme le logement ou la voiture pèse énormément dans les compte des ménages.

Le pouvoir d'achat des Français recule

Et cela ne va pas en s'arrangeant. Depuis 2009 - soit un an après le début de la crise - pas moins de 1500 euros se sont évaporés de notre budget annuel. Soit une baisse de près de 5% en 5 ans. C'est ce qu'a constaté le magazine 60 millions de consommateurs . Il y a plusieurs raisons à cela: des hausses des impôts, et des prélèvements sociaux, une augmentation des revenus trop faible, des prix de plus en plus élevés...

Le magazine estime qu'entre 2009 et 2014, le revenu annuel moyen par ménage (incluant salaires, patrimoine et prestations sociales, et déduisant impôts et cotisations sociales) a augmenté de 2,9 %, passant de 37.517 euros à 38.591 euros. Mais parallèlement, les prix ont augmenté de 6,9 %, avec notamment une explosion du poids des dépenses contraintes. Selon les estimations du magazine, la hausse des prix du carburant a grignoté 335 euros de pouvoir d'achat depuis 2009, celle de l'électricité 205 euros, et les loyers 175 euros. Parmi les autres dépenses, cette fois «arbitrables», dont les augmentations ont le plus amputé les revenus, on trouve le tabac (225 euros), la restauration et les cafés (172 euros) ainsi que la viande (146 euros). «Au final, la perte moyenne de pouvoir d'achat s'établit donc à 1496 euros, soit - 4 %» depuis 2009, conclut 60 millions de consommateurs.

Dans son numéro du mois d'octobre, 60 millions de consommateurs identifie les postes de dépenses essentiels qui ont particulièrement flambé et ceux qu'il est possible de limiter facilement afin de minimiser l'impact de cette perte de pouvoir d'achat.

• Le logement.
Se loger est la préoccupation principale des Français. Et cela coûte cher. Le loyer, bien sûr, mais aussi le chauffage. Sur ce dernier poste, il est possible de faire des économies. Si la facture est trop conséquente, il ne faut pas hésiter à se tourner vers d'autres fournisseurs. Un comparateur d'offres en ligne est disponible sur le site du médiateur de l'énergie. Autre astuce non-négligeable: si vous baissez votre chauffage d'un degré, c'est 7% d'économie sur la facture!

• La voiture.

Avec la flambée des prix de l'essence, rouler en voiture coûte cher. Si vous le pouvez, optez plutôt pour le vélo, ou le covoiturage, très tendance. Sinon, roulez moins vite: 10 kilomètres-heure en moins permettent d'économiser 1 litre par 100 kilomètres (100 à 200 euros sur l'année). Pour l'entretien du véhicule, ne pas hésiter à faire jouer la concurrence. Certains garages facturent beaucoup plus chers que d'autres.

• L'alimentation.
Dans ce poste de dépenses aussi, les Français peuvent trouver des solutions. Chaque foyer jetterait entre 500 et 1000 euros de nourritures non consommées chaque année. Là aussi, il y a moyen de faire la chasse au gaspillage en gérant mieux nos stocks.

• Le forfait de téléphone mobile.
Les Français sont encore nombreux à payer des forfaits qui ne correspondent ni à leurs attentes, ni à son prix réel: si vous payez 30 ou 40 euros par mois votre forfait de téléphone mobile, faîtes le tour des opérateurs: vous verrez qu'il y a des offres à 20 euros aujourd'hui.

• La cigarette.
Ce n'est pas nouveau, le tabac coûte cher. C'est d'autant plus vrai que le prix des paquets ne cessent d'augmenter. Aujourd'hui, un paquet est vendu jusqu'à 7 euros pièce. À ce rythme, cela plombe fortement votre pouvoir d'achat: un paquet par jour, cela fait 200 euros partis en fumée tous les mois.

Jeremy Rifkin, d’ici à 30 ans, le capitalisme va disparaître
Sites Internet de partage et production décentralisée vont profondément transformer l’économie mondiale, explique ce conseiller de chefs d’État.
Le Figaro du 24 septembre 2014

Fabrice Nodé-Langlois Jeremy Rifkin, économiste, hier à Paris. j.-c. marmara/le figaro
PROSPECTIVE Jeremy Rifkin publie aujourd’hui son dernier ¬livre (*) sur la révolution qu’entraînent le développement des énergies renouvelables décentralisées, l’essor de l’économie du partage (crowdfunding, Airbnb, BlaBlaCar…) et l’imprimante 3D.

Rencontre
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LE FIGARO. - Vous annoncez rien moins que la fin du capitalisme !
Jeremy RIFKIN. - Oui, le capitalisme va pratiquement disparaître, en raison de son propre triomphe. Dans les 25 à 30 ans, il va être complètement transformé par ce qu’on appelle l’économie du partage (ou collaborative) et l’Internet des objets (la faculté pour chacun de produire avec une imprimante 3D). Personne n’avait anticipé que les progrès technologiques allaient améliorer la productivité au point de réduire le coût marginal de certains produits, c’est-à-dire le coût pour produire une unité supplémentaire, à pratiquement zéro.

Quelle conséquence a déjà eu cette transformation de l’économie ?
Le coût marginal réduit à zéro, c’est ce qui a détruit l’industrie du disque avec la musique en ligne, c’est ce qui dévaste la télévision avec YouTube, ce qui bouleverse l’édition et la presse.
Et cette révolution s’étend aussi à l’énergie et l’industrie…

En Allemagne, les producteurs historiques d’énergie, E.ON et RWE, sont en train de se retirer. Ils subissent le même sort que l’industrie du disque à mesure que les consommateurs créent, pour produire eux-mêmes de l’électricité, ce que je désigne par le terme de « communaux ».

Ces « communaux » sont une forme d’organisation collective qui existe partout dans le monde depuis des siècles, par exemple dans les Alpes pour gérer en commun les pâturages. On retrouve ces principes de mise en commun des ressources dans les communautés en réseau du XXIe siècle.Quel impact cette nouvelle économie a-t-elle sur la propriété privée ?
Les jeunes ne veulent plus posséder de voiture, ils veulent la mobilité. Ils peuvent localiser une voiture en autopartage en quelques minutes avec leur smartphone et payer en ligne. On estime qu’une voiture partagée équivaut à quinze voitures produites en moins !

Selon vous, le développement des imprimantes 3D va totalement bouleverser l’économie.

Le phénomène est encore dans sa tendre enfance mais il va croître de façon exponentielle. On vient de parler de la première voiture fabriquée avec une imprimante 3D ! Aujourd’hui déjà, des gamins recyclent des ordures afin d’alimenter leur imprimante 3D pour fabriquer des objets. Barack Obama veut installer une imprimante 3D dans chaque école. Les consommateurs seront leurs propres producteurs pour toute une série d’objets, ils vont devenir des « prosommateurs ». Ce phénomène qui va bousculer tous les circuits de production et de distribution est irréversible.

Vous prédisez la fin des grandes entreprises intégrées mais la nouvelle économie a engendré des sociétés capitalistes, Google, Facebook, Uber…

Regardez depuis quelques mois, l’inquiétude a monté à l’égard de ces sociétés monopolistiques. L’histoire d’amour entre elles et le public est terminée. Je suis sûr que les chauffeurs de voiture vont se révolter contre Uber et refaire la même chose sans cette société, sous forme de coopérative. Et ça reviendra encore moins cher qu’avec l’intermédiaire d’une grande entreprise. Quant à Google, dans les 25 ans, les gens se lèveront pour demander de la réglementation sur Internet. L’Union européenne travaille d’ailleurs à une Déclaration des droits de l’homme numérique.

Y a-t-il des résistances à ces changements ?
Bien sûr. EDF et ErDF par exemple sont toujours dans l’ancien modèle économique mais ils préparent déjà l’avenir et participent à nos travaux dans le Nord-Pas-de-Calais (lire encadré ci-contre). À terme, ils veulent devenir les Google de l’électricité. Avec les réseaux d’énergie renouvelable décentralisés, ils ne se battront plus pour vendre plus d’électricité mais du service, des données.

Vous avez rencontré François Hollande, a-t-il une vision du long terme ?
Je l’ai rencontré en 2012. Il m’a dit : oui, on va faire la troisième révolution industrielle. Mais il n’a pas de feuille de route. L’Allemagne s’y est mise, la Chine démarre. Elle va investir 82 milliards de dollars en quatre ans dans les réseaux électriques intelligents. J’ai d’ailleurs découvert dans sa bio officielle que le premier ministre Li Keqiang apprécie mon travail. Mon précédent livre s’est vendu à 500 000 exemplaires en Chine. La France aussi doit passer au système du XXIe siècle, elle a les meilleures entreprises du monde pour cela !

(*) La Nouvelle Société du coût marginal zéro, l’éclipse du capitalisme, Éditions LLL, 509 p., 26 €.

Commentaires

D'autres réflexions sont peut-être plus complètes sur les effets des imprimantes 3D :
Rumpala Yannick, « L'impression tridimensionnelle comme vecteur de reconfiguration politique », Cités 3/ 2013 (n° 55), p. 139-162
URL : www.cairn.info/revue-cites-2013-3-page-139.htm

Écrit par : CA | 25/09/2014

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