09/09/2012
La "quadrature" du cercle ?
Deux choses échappent en France à l'action d'un gouvernement : l'équilibre du commerce extérieur et le marché immobilier...
Comment un professeur d'Allemand, qui sait fatalement pourquoi l'Allemagne dégage un excédent commercial massif, lance-t-il à sa ministre un défi "impossible à tenir" ?
Le solde commercial des industries manufacturières est aujourd'hui lourdement déficitaire de 30 milliards d'euros et tout a été dit sur ses causes : manque de compétitivité de la France sur le marché mondial, retard d'implantation commerciale à l'étranger, manque de pratique des langues étrangères...
Avant l'Europe la manipulation du taux de change pouvait masquer cette dégradation... aujourd'hui les paramètres de chaque pays se révèlent dans la compétition mondiale. Le premier responsable en France depuis 1981 est connu : la réduction de la durée du travail ! Le deuxième, qui mine les résultats financiers de toutes les entreprises, est l'accroissement des charges sociales, liées à la dérive insurmontable des comptes sociaux...
La Gauche n'a aucun programe sur ces deux sujets !
Le déficit de la France est couvert par l'excédent de l'Allemagne ! Jusqu'à quand ?
Le gouvernement veut résorber le déficit commercial, hors énergie, en cinq ans
Les Echos du 23 août 2012
Frederic Schaeffer
Jean-Marc Ayrault a promis hier de réduire « à zéro » le déficit commercial de la France, hors énergie, d'ici à la fin du quinquennat. Reconnaissant un problème de coût du travail, il a renvoyé les décisions au premier trimestre 2013 à l'issue de la concertation.
Passée de l'Ecologie au Commerce extérieur lors du remaniement de juin, Nicole Bricq a désormais un objectif bien précis. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault lui a confié pour mission de supprimer le déficit commercial de la France hors énergie, c'est-à dire de supprimer une ardoise qui se montait à 26 milliards d'euros l'an dernier. « L'ambition qui est la nôtre, celle du gouvernement, c'est qu'à la fin du quinquennat , donc d'ici à cinq ans, cette part, qui est déficitaire de notre commerce extérieur, soit réduite à zéro », a-il annoncé hier sur RMC.
L'objectif est ambitieux. Cela fait maintenant dix ans que la balance commerciale a viré au rouge. Et le déficit ne cesse de se creuser, atteignant le record de 71 milliards d'euros en 2011. Bien sûr, l'alourdissement de la facture énergétique y est pour beaucoup : avec la hausse du cours du pétrole, elle a contribué pour près de la moitié à la dégradation du solde commercial depuis 2002, ont calculé les Douanes.
C'est donc à l'autre moitié que le gouvernement veut s'attaquer. Autrement dit au déficit des échanges de produits industriels. Car si l'agriculture reste excédentaire, l'industrie plombe chaque année un peu plus le solde commercial (voir graphique). Il y a dix ans, l'industrie manufacturière dégageait un excédent de plus de 10 milliards d'euros par an. Ce surplus a disparu en 2005 pour laisser la place à un déficit aujourd'hui de l'ordre de 30 milliards.
Faire jouer la diplomatie
« On a un problème en ce qui concerne nos exportations , a reconnu Jean-Marc Ayrault. On a de bonnes entreprises, mais elles sont souvent trop petites, elles sont souvent mal accompagnées, elles ont souvent des difficultés de financement, il faut aussi que nos relais d'ambassade, notre diplomatie, les aident davantage ». Mieux identifier dans les régions les PME potentiellement exportatrices, structurer des filières, renforcer le dispositif public de soutien à l'export et doter la future banque publique d'investissement d'un volet international comptent parmi les priorités de Nicole Bricq.
« La compétitivité à l'export s'étant largement dégradée, c'est la-dessus qu'il faut agir », estime l'économiste Lionel Fontagné, pour qui l'objectif du gouvernement « n'est pas impensable à l'horizon évoqué ». « Pour que les exportations repartent, le plus important est que les entreprises investissent et innovent », poursuit-il.
Mais encore faut-il qu'elles en aient les moyens. Reconnaissant un problème de coût du travail, le Premier ministre a renvoyé les prises de décisions à l'issue de la concertation sociale au premier trimestre 2013. D'ici là, Louis Gallois lui aura aussi remis son rapport sur la compétitivité. Et alors que l'ancien patron d'EADS a d'ores et déjà réclamé début juillet un « choc de compétitivité » passant par une baisse massive des charges des entreprises, le Premier ministre n'a pas fermé hier la porte à une hausse de la CSG. FRÉDÉRIC SCHAEFFER
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